THE SULLEN SULCUS Review

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Mourning Beloveth 'The Sullen Sulcus'

« Dust » nous avait impressionnés, tant par sa candeur que son assurance : à l’époque de ce premier disque disparate, regroupant les travaux de plusieurs périodes, Mourning Beloveth ne craignait pas de s’immerger aux sources du Doom, tel Saturnus, Shape Of Despair, ou les maîtres du genre, My Dying Bride. « The sullen sulcus », nouveau chapitre d’une histoire qu’on espère déjà la plus longue possible, parachève l’œuvre : les six morceaux interminables qui peuplent chaque instant de cet opus distillent un nectar charmeur et assourdissant. Dès « The words that crawled », Mourning Beloveth nous embarque en de nouveaux océans de douleur et de beauté, dont les vagues poussées par des guitares lentes et hypnotiques permettent aux voix claires de respirer entre les déjections gutturales. Extrêmement classique dans son approche, le Doom de Mourning Beloveth n’en reste pas moins la référence promise, celle dont la force naissante annonce des lendemains qui déchantent : acéré, son savoir-faire menace à chaque nouvel essai de détrôner nombre de leaders, et les fans du Doom originel devraient trouver en cette heure de désespoir métallique la source d’appréhensions inédites. Extrêmement émouvant, « The sullen sulcus » est le disque d’un retour très attendu, et n’en finit plus d’obséder l’auditoire, au fur et à mesure des écoutes répétitives que l’appréhension de cette œuvre nécessite. L’apprivoisement est toujours quelque chose qui se gagne, mais les ténèbres de Mourning Beloveth, si longues à pénétrer furent-elles, méritent très largement l’attention la plus forte. Indispensable, et beau à pleurer.